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Les
arts
L'évolution des arts sud-africains s'est effectuée au cours de trois
périodes distinctes. La première commence il y a plusieurs milliers
d'années avec les peintures et les gravures des peuples san et se
termine au début du XXe siècle. C'est la période de création des
arts primitifs, qui retracent les fondements identitaires des communautés.
La deuxième calque sa durée sur celle du régime d'apartheid,
sous lequel la majeure partie des artistes ont exploré des thèmes
réalistes, directement inspirés par les troubles politiques qui
secouaient le pays. Enfin, la troisième a débuté à l'aube des années
90 et a donné naissance à des mouvements créatifs encore mal définis,
qui trouvent leurs sources dans les mutations actuelles de la société.
Art
rupestre San
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Les arts primitifs Les grottes et les cavernes où les peuples san s'abritaient pour se protéger des intempéries sont ornées d'une multitude de peintures et de gravures primitives. Les
provinces de l'Etat Libre, de Mpumalanga, du Cap-Est ont plusieurs milliers de ces peintures et gravures. Elles illustrent la vie quotidienne des San. Les peintures
racontent également les voyages spirituels des guérisseurs (chamans), seuls capables d'entrer en communications avec les esprits sacrés. Dans un autre
domaine, les San ont fabriqué des bijoux en cuivre que les femmes portent encore dans les communautés reculées du désert du Kalahari. Les arts primitifs n'ont pas
survécu à l'arrivée de l'homme blanc et les dernières gravures sont datées du XVIIIe siècle. haut de page
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Art
Ndebele |
L'art Ndebele
Dans la société ndebele, la femme occupe une position privilégiée,
en partie due à sa maîtrise des arts peints et vestimentaires. Perpétuant
une tradition née au XVIIIe siècle, les femmes sont reconnues comme
des experts dans le décor des mur d'enceinte de l' «umuzi» traditionnel
(ensemble clos d'habitations). Les couleurs vives dominent depuis
l'apparition des peintures industrielles, alors que l'art primitif
utilisait principalement des teintes fournies par les substances naturelles
disponibles. Ainsi, les bleus, jaunes, verts et rouges sont venus
s'ajouter aux ocres, bruns et noirs. Au départ inspirées par des thèmes
liés au rêve, les peintures ndebele sont aujourd'hui dénuées de significations
particulières. Dans le domaine vestimentaire, elles sont traditionnellement
parées de lourds habits tressés de perles multicolores pouvant peser
jusqu'à 20 kilos.
haut de page La peinture
Les premiers peintres étaient avant tout des paysagistes. Sous l'influence des impressionnistes européens, J. E. A Volshenk, Hugo Naude, Robert Goodman et
Strat Caldecott décrivent, dans un style classique et avec un attachement particulier au détail, les beautés des paysages de l'Union. A l'aube du premier conflit mondial et
alors que le nationalisme afrikaner s'enracinait dans la société, une première génération d'artistes noirs fit son apparition. Le manque de ressources et la
ségrégation n'empêchent pas Albert Ntuli, John Mohl, George Pemba et Gerard Sekoto de s'affirmer comme des artistes talentueux s'attachant à décrire les
conditions misérables du peuple noir dans le pays. Plus tard, le Township Art vint s'inscrire dans la suite logique de leurs travaux.
Dans les années 50, une nouvelle vague d'artistes apparaît.
Ils s'inspiraient des figures symboliques et religieuses de la société.
Les peintres blancs continuent à imiter des styles européens relevant
du Pop Art, de l'art conceptuel et du néo-réalisme. La peinture
entre alors dans une phase de contestation politique pendant laquelle
l'environnement immédiat des artistes devient une source d'inspiration
majeure. La confusion politique des années 80 traduit dans les œuvres
des artistes comme William Kentridge, suscite le développement
de l'art mural dans les townships, permettant aux plus démunis d'extérioriser
leurs souffrances. Graffitis, portraits, scènes de la vie quotidienne,
expressions brutales ou rêves d'environnement naturels immaculés
fleurissent alors sur les façades des habitations et des écoles.
Aujourd'hui, l'appel des ancêtres, la libération du corps et de l'esprit, l'apaisement des souffrances et la mixité sont autant de thèmes abordés par les artistes. Pat
Mautloa, Kay Hassan, Velapi Mzimba, Thomas Kgope et Tommy Motswai sont parmi les peintres contemporains qui explorent de nouvelles voies, à la recherche d'une identité purement sud-africaine. haut de page
La
Sculpture
A l'inverse de certains pays africains, comme le Mozambique, l'Afrique de Sud ne présente pas de tradition artistique significative dans le domaine de la sculpture. Cet
art s'y est essentiellement développé au début du XXème siècle.Dans la sculpture sur bois, les travaux de Jackson Hlungwani sont les plus
remarquables. Héritier d'une tradition tsonga de confection d'objets ménagers, il a développé un art statuaire monumental qui assimile les influences religieuses
chrétiennes et africaines. A travers elles, il exprime le cataclysme produit par le choc de deux univers. Inspirés par les traumatismes inhérents à l'apartheid, les oeuvres d'Ezrom
Kgbokanyo Legea présentent des corps atrophiés qui ont perdu toute identité reconnaissable. Eugène Hön et David Brown, enfin, expriment dans deux styles très
différents les dilemmes de l'homme face à la fin des temps. Utilisant l'un la céramique, l'autre le métal et le bois, ils illustrent les doutes de l'homme quant à son destin. haut de page |